samedi 15 septembre 2012

15 septembre 2012

C'était vraiment compliqué de parler avec lui. J'aimais bien mon idée, un sandwich au parc par temps gris et pluvieux. Parce que si je l'invite chez moi, la sensualité prend le dessus et finit par constituer comme une échappatoire à la discussion. Mais il faisait si gris, si froid, si pluvieux que parler n'était pas simple non plus. Et la sensualité reprit quand même le dessus, car nous avons terminé par une séance de photos sur les marches de l'escalier du vieux musée.
Et puis, ça me fait peur de voir que je ne suis pas vraiment capable d'exprimer mes pensées  avec la force et la clarté nécessaire pour correspondre exactement à ce que je pense. Je bafouille, j'essaie, je me trompe dans mes mots, enfin je dois sembler bien compliquée à comprendre.
J'avais vraiment besoin de clarifier, de savoir ce que lui voulait de tout ça.
Mais finalement, je regrette de ne pas l'avoir écouté plus, car lui m'a parlé de plein de choses sauf de nous. Il m'a expliqué sa manière d'appréhender la photographie, la mémoire visuelle qu'il avait de sa propre vie. Le déroulé visuel qu'il fait mentalement quand il essaie de se souvenir du passé.  Il m'a expliqué pourquoi c'était un loisir obligatoirement solitaire, et que, effectivement, il est capable d'être solitaire. Il ne veut plus de femme chez lui - il ne l'a pas dit en ces termes, mais il l'a dit néanmoins. Il a parlé de Londres qu'il a visitée, de tous les endroits qu'il aimait à Londres. Je lui ai parlé de ses photos, lui demandant si vraiment il ne les montrait jamais à personne. Il m'a expliqué ce sentiment de provisoire qui règle sa vie, il a l'impression d'être dans une période transitoire, qu'il ne vit pas vraiment, mais qu'il est dans l'expectative d'une sorte de vraie vie - même si il sait bien que les instants présents constituent la vraie vie. Et que ça explique beaucoup de choses, et aussi que ses photos ne sont pas prêtes à être regardées.

C'est cette théorie là que je regrette de ne pas avoir plus creusée, mais il faisait froid et parfois simplement je ne sais pas bien répondre.

J'ai commencé la discussion en reprenant ses propres phrases dites quelques mois plus tôt, qu'il avait peur que je ne sois trop dépendante ou trop soumise, enfin bon que je ne l'aime de trop. Je lui ai dit que finalement, même si je ne suis ni dépendante, ni soumise, effectivement il avait absolument raison, je l'aimais et je voulais savoir son sentiment, si ça lui faisait peur.Je lui dit que fondamentalement, je veux quelqu'un qui marche à côté de moi dans la vie.Je prends un soin extrême à souligner que je ne lui fais pas de reproches car il a vite cette tendance à croire qu'on lui reproche ses manques.

 Il dit qu' il ne souhaite pas terminer notre histoire maintenant, que plein de choses sont à découvrir; mais il a effectivement peur "que je n'en demande plus", même si sait que cette histoire, c'est évident, n'est pas une histoire de c. - j'essaie de reprendre ses mots.
 Il me dit cette chose amusante, qu'il a peur que je n'explore ses propres fantasmes que pour lui faire plaisir, ou, si je comprends bien,  par amour ou espoir de l'aimer, sans en avoir le goût moi-même. Ça me fait rire cette vision si masculine du plaisir féminin. Je le détrompe à ce sujet du mieux que je peux.  Sa vision de la femme me semble désastreuse.
Au final, trop froid et trop pluvieux, on se quitte et je suis frustrée de n'avoir pu m'exprimer clairement, mais convaincue que je dois encore essayer.

En y réfléchissant cependant, je suis maintenant  convaincue que cette histoire n'est que se.xuelle, je n'y vois pas de volonté de sa part de partager autre chose, ma vie ne l'intéresse pas d'ailleurs. Ceci n'est pas un reproche d'ailleurs, c'est une réalité qu'il va falloir que nous admettions tous deux.