jeudi 18 juillet 2013

18 juillet 2013

Donc je me suis assise sur le banc du parc pour l'attendre. Ce faisant, un homme est venu s'asseoir juste à côté de moi, proximité qui me fut désagréable. Je me suis levée, mais après quelques minutes supplémentaires d'attente, un autre est venu me frôler. C'était bizarre, d'être là, seule, dans ce coin de parc pourtant pas si reculé - et de ne pas se sentir vraiment à l'aise. J'ai réalisé qu'il y avait tout un petit monde interlope qui vagabondait là, un peu comme moi finalement.
Nous nous sommes assis, et je n'avais rien à dire. Des banalités finalement, mais il a pris ma main et l'a serrée, et cette tendresse me surprend toujours - elle est rare finalement. Nous avons commencé à nous taquiner, comme chaque fois, je le provoque, je lui montre le bout de mes seins, je lui montre un carré de ma culotte, ça me fait rire. Je me dénude un peu plus, et nous surveillons l'oeil des passants au loin. Il me prend en photo. Il m'a montré des coins inattendus du parc, des recoins squattés, des couloirs dans la végétation, et chaque fois je me demande comment il connaît ça. 
Je lui ai dit que, s'il était si écouté dans sa profession, c'était normal, il écoute bien, il répond de manière créative, il conseille bien. Que la seule personne qu'il est incapable de conseiller était lui-même. 
Que je voulais qu'un jour il me donne du temps pour que je lui parle. Il a promis, mais bon, je sais ce qu'il en est de ses promesses, souvent c'est quand il n'ose pas me dire non. 
Aucune histoire d'amour ne me paraît maintenant être à la hauteur de celle-là. Toutes les autres me semblent fades, et je m'en veux parfois. 
Je ne sais même pas où il habite. Est ce qu'on peut imaginer une histoire d'amour avec quelqu'un dont on ne sait même pas où il vit. Je crois que je serais presque déçue si un jour il me le disait, comme si je n'avais pas envie que cette histoire soit incarnée dans trop de réalité. 









samedi 1 juin 2013

1er juin 2013

Là où, tout en mesurant à quel point je suis imprévisible et émotive, face à lui imperturbable et stable, j'ai tendance à croire - tout en sachant l'injustice de ma pensée - que mes rêves seront plus forts que ses trahisons.

Mes rêves sont plus forts que leurs trahisons.


samedi 27 avril 2013

27 avril 2013

Ce n'est pas tant ton absence qui me gêne, que de m'imaginer tout ce que nous n'avons pas fait et ce temps gâché par le vide de cette histoire.

Dans une histoire éphémère, il y a tant de choses éphémères dont on peut jouir - moments surprenants de douceur, un massage après un bain, un livre à partager, des photos à regarder, des conversations à avoir, enfin un peu de tout comme on dit - de tout ce que nous n'avons pas fait.

Même un plat, je n'ai pas pu le cuisiner, même une bouteille de vin, je n'ai pas pu l'ouvrir, prisonnier que tu es de ta peur de me voir t'aimer, prisonnier de ton agenda, prisonnier de ta vie.

Jamais tu n'auras su ma vie avant toi, jamais tu ne l'as demandé, jamais je n'ai essayé de parler. Jamais je n'aurai su ta vie avant moi. Parfois la pudeur m'en empêche, et ce temps limité, et ces absences, vides  et mes messages dans le vide.

Ce sera là donc le point final de mes regrets, ce manque de paroles.

On aurait pu croire que tu ne m'as jamais aimé, que tu t'en fous, que tu baises et voilà tout. Mais moi je sais les photos que tu prends de moi quand je marche dans le parc, tes yeux, et je sais que tu n'aimes pas me voir partir. Et pourtant jamais tu ne me rappelles.

Pour le reste, c'est foutu.

dimanche 23 décembre 2012

22.12.2012

J'ai fini par écrire une lettre qui est à moitié de rupture et à moitié de pas rupture, mais quand même une lettre, c'est quelque chose de tangible, c'est une action, et dans cette lettre, j'y ai mis mon souhait de prendre de la distance, j'y ai mis mon sentiment de ne pas être à l'aise avec lui.
En relisant plus bas qu'il m'a offert ce petit resto et ce collier, bien sûr j'ai déjà des regrets très profonds. Mais tout ça ne suffisait plus à masquer le caractère insatisfaisant de l'histoire, vouée à rester une side story. Ma dépendance devenait trop forte, mes exigences envers lui trop pesantes;

Et que veux je maintenant que j'ai largué toutes les amarres, et que je suis définitivement seule - ah si je le savais.

J'aimerais encore écrire, plus et plus et mieux.

vendredi 16 novembre 2012

Je dois me résoudre à mettre fin à mon attirance pour lui. Je n'aurai jamais vraiment compris. Je sais que je n'arriverai pas à mettre fin, et donc je dois me trouver un deuxième J. Histoire de ne pas faire peser sur le premier le poids de mes attentes, de mes rêves, de mes insatisfactions et frustrations. Hier fut une journée particulièrement difficile, et pour la première fois, j'ai envoyé un message sous lequel, tiens imperceptiblement, on pouvait deviner une pointe d'énervement.
Au plus je l'attends, au plus il me fait attendre.

samedi 3 novembre 2012

13 novembre 2012

Ah vrai dire, je n'y comprends rien. Je l'ai vu insister pour m'offrir ce petit restaurant, je l'ai entendu me dire qu'entre nous, le lien est décidément très fort. Je l'ai vu précédemment m'offrir un collier. Je le vois me prendre en photo, quand je marche vers lui sur l'herbe. Je le vois essayer d'écouter mes craintes, tenter d'y répondre très honnêtement.
Et puis, je le vois se remettre aux abonnés absents si je lui propose de passer une après-midi avec moi. La dernière fois que nous avons fait l'amour remonte donc, soyons honnêtes à plus de trois mois. Je ne parle même pas d'amour, mais simplement de passer quelques heures ensemble. J'ai cette impression bizarre que maintenant, non seulement ma vie ne l'intéresse pas, mais mon corps ne l'intéresse plus vraiment non plus.
Alors, pourquoi a-t-il insisté pour payer? En fait, là est vraiment le mystère pour moi.
Que suis-je pour lui? Probablement ne le sait-il, très honnêtement, pas du tout.
N'empêche qu'à nouveau, sans qu'il le sache, il a touché une de mes limites, très profondément. Je m'étais donné une espèce d'ultimatum - on se voit vendredi , comme nous en avions convenu, ou basta. Mais quand j'ai voulu lui téléphoner, il m'a simplement répondu "j'ai quitté le pays pour quelques jours".
Alors, basta ?
Je suis très secouée par cette nouvelle absence, cette manière à nouveau, de me dire non sans me dire non. J'ai invité Louis, je lui ai fait passer un bon moment, cuisinant les mets les plus délicieux et prête à l'embrasser le moment venu. Heureusement, le moment n'est jamais venu. Heureusement, car il n'y a que J. que j'ai réellement envie d'embrasser. Une histoire d'attirance qui repose  beaucoup plus sur du rêve, de l'espoir que sur la réalité.



dimanche 14 octobre 2012

14 octobre 2012

Il y avait déjà eu "si je te demande de te promener nue dans un parc, tu le ferais", passablement incompréhensible pour moi - à cela s'ajoute maintenant "promets moi de ne pas accepter de faire des choses dont tu n'as pas envie", ce qui me donne au début l'envie d'éclater de rire.

(Parce que oui, il est possible que je fasse des choses dont je n'ai pas envie- par soumission, ou par envie de recevoir une dose de gentillesse en échange- quelque chose comme ça).

Je réagis du mieux que je peux - mais je suis surprise. Je réponds que sa vision de la femme est incorrecte. Et que j'ai toujours eu envie de faire tout ce que j'ai fait. Et qu'en gros, il est difficile de dire non à un homme qui ne demande jamais rien. Et aussi, qu'en général c'est moi qui propose les f.antasmes que nous réalisons. Oui,me dit il; mais là, le connaissant bien, il se pourrait que je manipule moi ses désirs - pour arriver à son plaisir à lui - non pas par plaisir pour moi toujours dans le but de récolter quelques miettes d'affection dont j'ai tant besoin.  ll a peur que je n'aille au delà de mes envies pour satisfaire les siennes.

Après coup, au fil des heures, seule avec mes pensées, je suis atterrée à en vomir. La colère monte et mes émotions deviennent incontrôlables  Je pleure pour la première fois, je pleure sans plus me contrôler. C'est comme si il rejetait en bloc mes désirs, ma capacité à faire l'amour, à avoir du plaisir. Je ne sais plus faire face. A tort je sais, je me sens rejetée dans le camp des femmes qui sont soupçonnées dès qu'elles aiment faire l'amour - soit putes, soit soumises. Je le sais intelligent, j'essaie de réécouter mentalement ce qu'il m'a dit. Ses craintes d'avoir une femme soumise.  Je ne comprends pas, j'ai eu tellement de plaisir, tellement d'envies, tellement de jouissance, rien à voir avec une féminité passive et soumise.

Je me sens agressée, au delà probablement de ce que lui a voulu dire. L'attaque est dure, même si il n'a pas voulu m'attaquer, car je suis attaquée dans ce qui me constitue le plus profondément, mon goût pour l'amour, le plaisir que j'ai à faire l'amour.

J'ai essayé de répondre que lui me met dans une position de femme soumise par ses absences répétées. Or si j'accepte, ce n'est justement pas par soumission, mais par force. Ce que je lui ai dit quelques semaines avant a probablement joué - à savoir que je voulais aimer , je veux quelqu'un qui marche à côté de moi dans la vie. Mais sa réponse a été très claire, c'est non pour lui. Ce qui nous ramène à une histoire d'attirance physique, d'instants présents. Et pourquoi pas?Les choses en étaient au moins plus claires.

Je suis profondément libre, d'aimer qui je veux, comme je veux - et absolument capable de faire l'amour pour l'amour, mais peu d'hommes aiment qu'on le dise aussi clairement.

Je ne sais pas comment réagir, car, malgré que je ne vois pas comment je pourrais encore lui faire l'amour après ça; je sais qu'après l'avoir engueulé, insulté, agressé verbalement, renvoyé ses attaques, cassé la figure, enfin après lui avoir fait subir tout ce qu'il mérite, il va encore me manquer. Et en plus, j'aurai encore envie de lui.